Sophie Adenot : retour sur Terre après 235 jours en orbite
Après 235 jours à bord de l’ISS, Sophie Adenot est rentrée en capsule Crew Dragon : 27 heures de trajet, 1900 °C à la rentrée et trois semaines de réadaptation.
Huit mois en orbite, un trajet retour de plus de 27 heures et une rentrée qui porte l’air autour de la capsule à 1900 °C : le retour de Sophie Adenot sur Terre, les 7 et 8 octobre, s’est déroulé comme prévu, selon le récit publié par Le Figaro. Voici les repères à retenir de ce voyage hors norme.
En bref
- Officière de l’armée de l’Air avec le grade de colonelle, Sophie Adenot, 44 ans, avait quitté la Terre le 13 février.
- C’est pendant la rentrée que la capsule subit les conditions les plus extrêmes.
- Le retour en capsule s’enchaîne minute par minute, et même un séjour réussi se prolonge par un programme de réadaptation de plusieurs semaines.
Un séjour record pour un astronaute européen
Officière de l’armée de l’Air avec le grade de colonelle, Sophie Adenot, 44 ans, avait quitté la Terre le 13 février. Selon CNews, ses 235 jours dans l’espace représentent le plus long séjour en orbite jamais effectué par un astronaute européen. Pendant la mission Epsilon, elle a mené près de 200 expériences, toutes pilotées depuis la station.
Son voyage de retour a commencé le mercredi 7 octobre, à 14 h 05 heure de Paris. À bord de la capsule Crew Dragon, quatre astronautes ont quitté la Station spatiale internationale, qui évolue à environ 400 km d’altitude : l’Américaine Jessica Meir, son compatriote Jack Hathaway, Andreï Fedyaev et Sophie Adenot.
Une journée entière en orbite avant la descente
Le désamarrage n’est que le début. La capsule a encore effectué environ 18 tours de la Terre, selon Le Figaro, à 28.000 km/h, tout en se rapprochant de la zone d’amerrissage, au large des côtes californiennes. Au total, la traversée a duré un peu plus de 27 heures, ce qui place la fin de l’opération en fin d’après-midi, le jeudi 8 octobre. CNews évoquait d’ailleurs une arrivée au plus tôt à 17 h 34.
Les dernières étapes s’enchaînent vite, en heure de Paris :
- 16 h 20 : les moteurs de la capsule s’allument pour le freinage de désorbitation et modifient sa trajectoire ;
- 16 h 56 : la capsule pénètre dans l’atmosphère de manière complète ;
- 17 h 29 : les communications, coupées pendant plusieurs minutes, sont rétablies ;
- 17 h 31 : les deux parachutes stabilisateurs s’ouvrent, alors que la vitesse est tombée à 560 km/h.
Le moment le plus intense : la rentrée atmosphérique
C’est pendant la rentrée que la capsule subit les conditions les plus extrêmes. L’air devant elle est fortement comprimé et chauffé, ce qui porte la température autour de l’habitacle à 1900 °C. Ce gaz ionisé enveloppe le vaisseau et brouille les liaisons radio pendant plusieurs minutes jusqu’au rétablissement du contact à 17 h 29.
En quelques dizaines de minutes, la vitesse passe de 28.000 km/h en orbite à 560 km/h lorsque les parachutes stabilisateurs se déploient. Cette décélération spectaculaire s’opère en à peine plus d’une demi-heure, entre l’entrée dans l’atmosphère et l’ouverture des parachutes.
Ce que huit mois sans gravité font au corps
Rentrer sur Terre ne marque pas la fin de l’épreuve. D’après CNews, l’absence de gravité oblige le corps à s’adapter, avec plusieurs conséquences possibles :
- une perte osseuse ;
- un déconditionnement du système cardiovasculaire et des muscles ;
- des troubles de la vision.
Autre effet plus surprenant : les vertèbres se décompressent en apesanteur, et la taille augmente d’environ 3 %, soit quelques centimètres. L’astronaute avait elle-même confié sentir son corps vieillir plus vite, avec des cheveux blancs, moins de souplesse et une vue qui baisse.
Pour se remettre, Sophie Adenot doit suivre un programme de réadaptation d’environ trois semaines à Cologne, en Allemagne, au centre de formation des astronautes de l’Agence spatiale européenne.
Un voyage qui fait rêver, avec ses limites
Pour les lecteurs qui aiment les récits de voyage, cette aventure rappelle qu’aller au bout du monde, ici bien plus loin, a un coût physique réel. Le retour en capsule s’enchaîne minute par minute, et même un séjour réussi se prolonge par un programme de réadaptation de plusieurs semaines.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : NASA Johnson Space Center / Anil Menon. Licence : Public domain.
