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À Cologne, Sophie Adenot raconte un amerrissage secoué

Soutenue par deux chirurgiens de l’ESA à Cologne, l’astronaute française a raconté un amerrissage secoué et les mois de réadaptation qui l’attendent.

Didier Lopes Par Didier Lopes
4 min de lecture
À Cologne, Sophie Adenot raconte un amerrissage secoué
Une capsule Dragon récupérée après une mission précédente, le même retour sur Terre que Sophie Adenot après 235 jours en orbite.

L’astronaute française Sophie Adenot a fait sa première apparition publique un samedi à Cologne, en Allemagne, après huit mois passés dans l’espace.

En bref

  • Son récit permet de mesurer ce que représente, pour un corps humain, un long séjour en orbite puis la reprise de contact avec la gravité.
  • Les quatre membres de Crew-12 ont vécu ensemble cette longue période à bord de l’ISS.
  • Retrouver la condition physique qu’elle avait avant le décollage lui demandera ensuite de longs mois d’exercices ciblés.

Devant le centre de formation de l’Agence spatiale européenne (ESA), sur le tarmac, la colonelle de l’Armée de l’Air a évoqué d’une mission vécue intensément, parfois les larmes aux yeux, et d’un retour au sol qui n’a rien eu d’une formalité. Son récit permet de mesurer ce que représente, pour un corps humain, un long séjour en orbite puis la reprise de contact avec la gravité.

Un retour secoué, puis un accueil sous les drapeaux

Le voyage du retour a pris plus de 27 heures. La capsule Dragon qui transportait les quatre astronautes de l’équipage s’est posée un jeudi à 15h34 GMT, soit 17h34 à Paris, dans l’océan Pacifique, au large de la Californie. Pour Sophie Adenot, ce moment a été « difficile » : l’engin a été ballotté par la houle, avec « beaucoup de vagues pendant 25 minutes », a-t-elle expliqué en conférence de presse.

À Cologne, la descente d’avion a montré l’autre face du retour. Âgée de 44 ans, l’astronaute paraissait affaiblie et deux chirurgiens de l’ESA l’ont soutenue jusqu’au pupitre. Un fauteuil roulant avait été prévu au cas où, mais elle a choisi de marcher. À quelques mètres, des dizaines de personnes, parmi lesquelles des collègues de l’agence, agitaient des drapeaux français pour l’acclamer.

« Toutes les émotions humaines, des plus joyeuses aux plus difficiles »

Sophie Adenot, astronaute française, à propos de ses huit mois dans l’espace

Quelques minutes plus tard, elle a résumé son état ainsi : « C’est un cocktail d’étonnantes émotions, c’est incroyable, c’est chouette d’être de retour sur Terre, mais aussi ça a son lot de défis, physiologiques surtout ». Et d’ajouter, dans un sourire : « C’était beaucoup plus facile là-haut ».

Une physiothérapeute guide un patient lors d'une séance de rééducation en salle
Une séance de physiothérapie : après huit mois en apesanteur, le corps de Sophie Adenot doit retrouver muscles et masse osseuse. Source : Pexels. Photographe : Funkcinės Terapijos Centras. Licence Pexels.

235 jours à bord de l’ISS et trois sorties dans le vide

235jours dans l’espace, record européen de séjour orbital continu
400 kmd’altitude pour la Station spatiale internationale
3sorties extra-véhiculaires

Les quatre membres de Crew-12 ont vécu ensemble cette longue période à bord de l’ISS. Selon CNews, cette durée fait de Sophie Adenot l’astronaute européenne, hommes et femmes confondus, ayant tenu le plus longtemps en orbite sans interruption. Une performance d’autant plus marquante qu’il s’agissait de sa toute première mission : pilote d’hélicoptère, elle n’est que la deuxième astronaute française à avoir rejoint l’espace.

Le séjour a aussi été marqué par une première nationale. Aucune Française n’était encore sortie dans le vide spatial avant elle.

Date Étape de la mission
Juillet Anniversaire de ses 44 ans fêté à bord de l’ISS
18 août Première sortie extra-véhiculaire
25 août Deuxième sortie extra-véhiculaire
1er septembre Troisième sortie extra-véhiculaire

De ces sorties, elle garde un souvenir sans demi-mesure : « Ça a été une expérience extraordinaire ».

Une planète sans frontières, un corps qui vieillit vite

Vu d’en haut, le monde change d’échelle. À 400 kilomètres d’altitude, a-t-elle confié à Cologne, il n’y a « pas de divisions, pas de frontières », seulement « juste une précieuse planète que nous partageons tous ».

Le prix physique de ce point de vue est réel. Pendant la mission, Sophie Adenot avait déjà décrit la sensation de voir son organisme prendre de l’âge en accéléré : apparition de cheveux blancs, raideur accrue, acuité visuelle en baisse. L’apesanteur entraîne en effet une perte de masse osseuse, une fonte des muscles, un déconditionnement du système cardiovasculaire et des troubles de la vue.

Trois semaines de récupération, puis de longs mois d’efforts

La suite se joue au sol. D’après Sud Ouest, l’astronaute doit entamer au centre de formation des astronautes de l’ESA un programme de récupération d’environ trois semaines. Retrouver la condition physique qu’elle avait avant le décollage lui demandera ensuite de longs mois d’exercices ciblés.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Keegan Barber. Licence : Public domain.

Didier Lopes

Idées de voyage, conseils pratiques et actualité

Didier Lopes

Didier Lopes a travaillé trente ans dans une agence de voyages de Montluçon, du guichet à la direction. Il suit l'actualité qui concerne les voyageurs : grèves, règles d'entrée, compagnies aériennes et droits des passagers. Il part chaque année au Portugal voir la famille de son père, toujours en voiture.