Les voyageurs reviennent à Dubaï et à Oman après la guerre
Air France, Lufthansa et British Airways doivent revoir Dubaï avant la fin octobre, mais Ryad reste évitée et les hôtels restent loin de leur niveau de 2025.
Les vols repartent dans les grands hubs du Golfe, à l’exception de Ryad, et les compagnies européennes s’apprêtent à revenir à Dubaï, selon des responsables du secteur réunis cette semaine à Malte.
En bref
- Les Émirats arabes unis ont reçu environ sept millions de visiteurs de janvier à août, presque moitié moins qu’un an plus tôt.
- L’aéroport de Dubaï annonce environ 83 % de sa capacité totale ce mois-ci.
- Ryad reste évitée par plusieurs compagnies après des tirs de missiles houthis.
- Selon TourMaG, Dubaï, Oman et la Jordanie reprennent progressivement, l’Égypte faisant exception.
Pour qui envisage un séjour aux Émirats arabes unis ou à Oman cet automne, le paysage change donc, sans être revenu à la normale. Il faut regarder de près trois choses : les liaisons aériennes, la fréquentation sur place et la destination exacte, car la région ne redémarre pas d’un seul bloc.
Une guerre qui a vidé les aéroports, pas les carnets d’investissement
Le conflit a éclaté fin février, avec des frappes américaines et israéliennes visant l’Iran. Dans les mois suivants, plusieurs facteurs se sont cumulés pour freiner les arrivées : l’incertitude géopolitique, la fermeture des principaux hubs aériens de la région et des zones que les autorités d’autres pays déconseillaient à leurs ressortissants.
Plus de sept mois plus tard, comme le rapporte Le Figaro, les États du Golfe n’ont pas pour autant réduit leurs dépenses dans le tourisme, malgré le repli des visiteurs internationaux. Le futur aéroport de Dubaï, prévu pour 2032, en donne une illustration. Paul Griffiths, directeur général de l’aéroport de l’émirat, raconte avoir demandé à son président s’il fallait décaler ce calendrier : la réponse a été un simple « non ».
Côté omanais, le ton se veut confiant. Shabib Al Maamari, directeur de Visit Oman, entité d’Omran, le bras de développement touristique du Sultanat, assure à propos de ses échanges avec les professionnels : « on ne m’a pas parlé une seule fois de “sécurité” ».
Des hôtels de Dubaï qui remontent la pente
Les chiffres disponibles permettent de mesurer le trou d’air puis le rebond, en particulier à Dubaï.
Autrement dit, les hôtels de Dubaï ont presque doublé leur remplissage entre mars et août, sans retrouver le niveau de l’été précédent. À l’échelle des Émirats arabes unis, la baisse reste nette sur la période de janvier à août.
| Destination | Repère | Période |
|---|---|---|
| Émirats arabes unis | Environ 7 millions de visiteurs pour au moins une nuit, presque moitié moins qu’un an auparavant | Janvier à août 2026 |
| Oman | Record de 4 millions de visiteurs | 2025 |
| Oman | Croissance à deux chiffres, puis recul « massif » attendu sur l’année | Janvier et février 2026, puis année 2026 |
| Ras Al Khaimah | Plus de 670 000 visiteurs | Premier semestre 2026 |
Le cas omanais est frappant : selon Shabib Al Maamari, le pays sortait d’une année record et démarrait 2026 en forte hausse avant que la guerre ne casse la dynamique. Il reste pourtant serein sur la suite : « Les opérateurs savent que la situation est provisoire ».
Ce qui change pour les vols vers le Golfe
C’est le point le plus concret pour les voyageurs. À Dubaï, Paul Griffiths a indiqué jeudi lors d’une conférence de presse à Malte : « ce mois-ci, nous sommes remontés à environ 83% de notre capacité totale ». Il annonce aussi que la plupart des compagnies européennes encore absentes, parmi lesquelles British Airways, Swiss Air, Lufthansa et Air France, doivent relancer leurs services vers l’émirat avant la fin du mois. Il s’agit d’une reprise annoncée : mieux vaut vérifier la date de reprise effective de la ligne choisie avant de réserver.
Sur l’ensemble de l’année, le directeur général prévoit qu’à la fin du quatrième trimestre, l’aéroport aura accueilli « environ 71-72 millions de passagers, contre 95 millions l’an dernier ».
Une exception de taille demeure : Ryad. La capitale saoudienne, ciblée récemment par des tirs de missiles houthis, est contournée par plusieurs compagnies aériennes. Un itinéraire qui prévoit une escale ou une étape en Arabie saoudite mérite donc un contrôle attentif des liaisons réellement assurées.
Les destinations qui redémarrent et celles qui attendent
Faute de clientèle lointaine, Oman s’est tourné vers ses voisins. Shabib Al Maamari explique que des campagnes régionales ont été lancées aussitôt, ainsi que des opérations destinées aux habitants, encouragés à venir pour la journée afin que les sites touristiques continuent de fonctionner. Ras Al Khaimah, ville côtière des Émirats, a suivi une stratégie comparable. Phillipa Harrison, directrice de l’autorité de développement touristique locale, affirme : « Ras Al Khaimah a accueilli plus de 670.000 visiteurs au premier semestre 2026, notre meilleure performance historique sur un premier semestre ».
Du côté des agences françaises, TourMaG relève de premiers signes de redémarrage après un début d’année où les ventes se sont effondrées sur plusieurs destinations du Moyen-Orient. Le tableau par pays reste contrasté :
- Égypte : présentée comme une exception, elle confirme sa bonne tenue.
- Dubaï et Oman : reprise progressive, en ligne avec le retour des vols. Pour préparer une étape, notre article sur les plus beaux endroits de Dubaï donne des pistes de visite.
- Ras Al Khaimah : signes de retour des flux internationaux venus d’Inde, de Russie et du Royaume-Uni, selon Phillipa Harrison.
- Jordanie et Israël : toujours en retrait, même si la Jordanie amorce elle aussi une reprise graduelle selon TourMaG.
Le média professionnel souligne enfin que la demande reste étroitement liée à l’évolution du contexte géopolitique, dont dépendra le retour à la normale.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Mohd Atir. Licence Pexels.
