São Jorge, l’île-lame des Açores où 10 000 habitants vivent sur des terrasses

Entre falaises à pic et plateaux côtiers où poussent vigne et café, cette île étroite propose une marche sur sa crête et un fromage d’origine flamande.

Sylvain Roussel Par Sylvain Roussel
3 min de lecture
São Jorge, l’île-lame des Açores où 10 000 habitants vivent sur des terrasses
Une falaise sombre et une côte de blocs rocheux face à l’océan, image qui évoque le relief côtier d’une île comme São Jorge, sans prétendre la montrer.

En bref

  • Île longue de 55 km et large de sept à peine, São Jorge abrite environ 10 000 habitants sur ses fajãs.
  • Le sentier PR 2 SJO traverse la crête sur 16 km, comptez six heures.
  • Le queijo de São Jorge, sous AOP, s’affine jusqu’à 24 mois et se goûte à la coopérative Uniqueijo.

Avec ses à-pics et sa silhouette effilée, São Jorge a le profil d’une lame posée sur l’Atlantique. Le magazine GEO lui a consacré un portrait dans son numéro 572 d’octobre 2026, intitulé « Les Açores, neuf îles, neuf mondes à explorer ». Il met en avant trois atouts : des plateaux au pied des falaises, une ligne de crête et un fromage de caractère.

Les fajãs, terrasses au bord de l’océan

Sur cette île de 55 kilomètres de long, la largeur atteint à peine sept kilomètres. Environ 10 000 personnes y ont fait leur domicile, installées sur les fajãs, des formations géologiques que l’on retrouve dans tout l’archipel des Açores. Ce sont des plateaux côtiers, issus d’anciens glissements de terrain ou de coulées de lave.

Ces petites bandes de terre en bordure de mer sont accessibles à pied, par des sentiers vertigineux. Pour le voyageur, la première consigne est donc d’ordre pratique : on les rejoint en marchant, avec prudence, au pied de la falaise.

La vie agricole s’y déploie malgré l’exiguïté. Les habitants y entretiennent quelques lopins de maïs, d’ignames ou de choux, ainsi que de la vigne, et même du café. Cette agriculture de poche, coincée entre le relief et l’océan, donne à São Jorge une part de sa singularité.

Traverser la crête par le PR 2 SJO

Pour comprendre la forme de l’île, le plus simple est d’en suivre l’épine dorsale. Le sentier PR 2 SJO la parcourt d’ouest en est et franchit le Pico da Esperança, qui domine l’île depuis son sommet. Quand le ciel est dégagé, la crête offre des vues sur les quatre îles voisines.

16 kmd’ouest en est le long de la crête
1 053 maltitude du Pico da Esperança
6 hpour la traversée complète
Repère Détail
Nom du sentier PR 2 SJO
Sens du parcours d’ouest en est
Passage notable Pico da Esperança, sommet de l’île
Panorama quatre îles voisines, par temps clair

Six heures de marche sur une crête imposent de s’organiser : les îles voisines n’apparaissent que si la visibilité le permet, et la journée se planifie en fonction du ciel. Le tracé domine aussi des falaises escarpées, ce qui justifie de rester attentif à chaque pas.

Le queijo de São Jorge, héritage flamand

L’île possède aussi son fromage, le queijo de São Jorge. Il est fabriqué avec du lait cru de vache, affiné en cave pendant une durée pouvant atteindre 24 mois, et protégé par une AOP. Sa recette a été transmise par des colons flamands, arrivés sur l’île au XVe siècle : la table insulaire se rattache ainsi à une histoire venue du nord de l’Europe.

Pour le déguster et en rapporter, la coopérative Uniqueijo est l’adresse à retenir : on y découvre le produit et l’on peut y faire ses emplettes. Après une journée de sentiers de falaise et de crête, c’est une façon de prolonger la visite par ce que l’île produit.

Les Açores comptent d’autres îles, de São Miguel à Pico en passant par Faial, que le magazine décrit comme successives sans jamais se ressembler, avec des caldeiras envahies de végétation, des côtes escarpées battues par l’Atlantique et des villages de pêcheurs aux influences portugaises intactes.

Photo : Ritvars Garoza / Pexels

Sylvain Roussel

Idées de voyage, conseils pratiques et actualité

Sylvain Roussel

Sylvain Roussel raconte pour NetGlobers les voyages lents et sauvages : randonnées, pèlerinages, traversées, îles et terres reculées. Ancien menuisier dans le Haut-Jura, il marche depuis trente ans et dort volontiers sous tente, quitte à y laisser une paire de chaussures par saison. Il tient à ce qu'un récit dise aussi ce qui a mal tourné en chemin.